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Histoire de Phuket Thailande Histoire de Phuket, Thailande - dynastie Chakri
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Histoire de Phuket, Thailande

La dynastie Chakri

Histoire de Phuket, Thailande - dynastie ChakriA la mort du Roi Taksin, la couronne passa au Général Pya Chakri, fondateur de la dynastie royale toujours au pouvoir de nos jours. Le Général Chakri prit le nom de Rama I et régna de 1782 à 1809. Il établit sa capitale à l'endroit où elle se trouve toujours actuellement, à Bangkok, et dut faire face à une nouvelle attaque des Birmans qui essayaient encore une fois d'arracher le contrôle du Siam. Durant cette guerre de 1785, lors de la ‘Bataille de Thalang’, Phuket conquit définitivement sa place dans les annales de l'histoire moderne Thaï. Les envahisseurs Birmans attaquèrent aux frontières terrestres et maritimes et prirent plusieurs villes sur la côte occidentale de la Thaïlande. En préparant la défense de la capitale de l'île située à cette époque à Thalang, le gouverneur de Phuket mourut, laissant derrière lui des troupes insuffisantes sans commandement et insuffisamment armées (ce gouverneur était celui qui avait conspiré avec le Capitaine Light quelques temps auparavant). Réalisant que leurs effectifs étaient vraiment restreints, Chan, la veuve du gouverneur, et sa sœur Mook encouragèrent toutes les femmes de l'île à se déguiser en hommes. Le grand nombre de soldats sema la confusion dans les rangs des Birmans, et les attaques astucieusement dirigées sur leurs flancs et leurs arrières affaiblirent la détermination des ennemis. Pensant que l'île avait bénéficié de renforts de Bangkok et constatant qu'ils seraient rapidement à court de nourriture et de provisions, les Birmans décampèrent et levèrent l'ancre. Un roi reconnaissant conféra aux deux sœurs courageuses et ingénieuses des titres royaux. Aujourd'hui, le Monument des Héroïnes qui s'élève sur le rond-point de la route principale au sud de l'aéroport commémore toujours le souvenir des deux sœurs.

le monument des heroinesEn 1809, Phuket fut une fois encore l'objet d'une tentative d'invasion Birmane (les célèbres sœurs étaient alors toutes deux décédées). Les ravages et les massacres mirent en fuite beaucoup de résidents survivants qui se réfugièrent sur le continent, autour de la baie connue de nos jours sous le nom de Phang Na. Les compte-rendus des marchands Européens témoins des assauts Birmans contre Phuket relevaient plutôt de la comédie dramatique que d'une campagne militaire sérieuse. L'un d'eux relate la sauvagerie des envahisseurs, l'orgie de tueries et de pillages et l'enlèvement des survivants à destination du marché aux esclaves. Mais lorsque les navires ennemis quittèrent le port, le vent les drossa sauvagement contre les rochers de la côte où ils se fracassèrent. Les habitants de l'île prirent une revanche sévère sur les soldats Birmans malchanceux. L'un des chefs Birmans fut capturé et envoyé à Bangkok où il fut décapité. Le Roi Rama II, consterné par la mort et la destruction qui régnaient sur l'île, dépité par l'arrêt de la production d'étain, ordonna l'arrestation du gouverneur de Phuket, son transfert à Bangkok et son emprisonnement pour l'exemple. L'année suivante, au cours d'une nouvelle tentative d'invasion Birmane, la marine de guerre Thaï fut envoyée à la rescousse de l'île. Malheureusement, un baril de poudre manipulé avec négligence explosa sur l'un des navires et mis la plus grande partie de la flotte hors d'usage. Pendant ce temps, le gouverneur avait fait construire des palissades pour défendre l'île et tenir les Birmans à distance. Le commandant Birman jugea leur avance trop faible et trouva une stratégie plus astucieuse: il fit remonter ses hommes sur les navires et fit voile hors de la vue du gouverneur et de ses troupes. Le gouverneur, croyant que l'attaque était terminée, célébra sa victoire puis laissa ses hommes rentrer chez eux. Quelques jours plus tard, les Birmans inattendus revinrent prendre la capitale et purent mettre l'île à sac sans rencontrer de résistance organisée. Les Birmans ont montré leur aptitude à conquérir Phuket, mais jamais ils n'ont réussi à la garder assez longtemps pour en tirer un quelconque profit.

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La longue période de guerres sanglantes contre les envahisseurs Birmans avait décimé la population de Phuket et interrompu l'exploitation des mines d'étain. La production chuta de plus de 500 tonnes en 1784 à moins de 20 tonnes en 1820. L'importante révolution industrielle en Europe et en Amérique fit grimper en flèche les commandes d'étain, surtout lorsqu'un inventeur Britannique eût déposé un brevet pour l'utilisation d'un nouvel acier utilisé pour la fabrication des boîtes de conserves alimentaires: le fer blanc, tôle fine en acier doux recouverte d'étain. La pénurie du précieux métal fit exploser les prix. Cette ruée mondiale sur l'étain mit une pression intolérable sur le Roi Rama II: soit Phuket et les provinces voisines réalignaient la production d'étain, soit il perdait ces contrées.

Peu de temps après l'accession au trône de Rama III (1824-1851), les gouvernements Britannique et Thaï conclurent un traité commercial qui rouvrait officiellement les frontières Thaïs au commerce extérieur. L'un des privilèges obtenu par les Britanniques dans cet accord était l'accès illimité au commerce de l'étain sur l'île de Phuket. L'influende des Britanniques en Thaïlande s'amplifiait. Ce traité eut une conséquence indirecte: pendant tout le reste du 19ème siècle, les Birmans furent tellement occupés à parer les Britanniques qu'ils ne constituèrent plus une menace pour la Thaïlande. Les navires de guerre Britanniques assuraient la sécurité dans le Détroit de Malacca et rendaient impossible les razzias des pirates. Par ailleurs, la menace d'une invasion étant jugulée, Phuket était fin-prête pour la prospérité.

La nouvelle ville de Thalang fut établie dans la partie nord de l'île, tenant le rôle de nouvelle capitale de Phuket, mais son importance fut de courte durée. Lorsque d'importantes quantités de minerai d'étain furent découvertes dans le sud de l'île, une troisième ville -- Phuket Town -- émergea et devint en quelques décennies le centre économique et politique de l'île. Confrontée à un cruel manque de main d'œuvre dans les mines, Phuket dut faire venir des travailleurs. Des milliers de mineurs arrivèrent de la Malaisie voisine, d'autres directement de Chine. Assidus et laborieux, quelques-uns eurent la chance de devenir riches propriétaires miniers et de faire construire de splendides résidences qui embellissent l'île encore aujourd'hui. Vers le milieu du siècle, environ 30.000 Chinois étaient employés dans les mines éparpillées sur toute l'île. Les Malais arrivèrent à leur tour, implantant une forte présence musulmane. Ils s'installèrent principalement dans la région de Surin où leurs descendants continuent à exploiter leurs fermes et à pratiquer la pêche. Rama III, inquiet de l'usage d'opium répandu parmi les Chinois et craignant qu'il ne se propage parmi le peuple Thaï, interdit la drogue. On ignora largement l'interdiction, tout comme on l'ignore encore de nos jours. En 1840, le Roi fit saisir une importante quantité d'opium chez les marchands de Phuket et fit remonter cette cargaison par bateau à Bangkok. Ce fut le début d'une tradition qui se pratique encore périodiquement: plus de 900 caisses d'opium furent publiquement brûlées pour montrer que la drogue ne serait pas tolérée. Cet acte, qui fut sans aucun doute une sage décision, fut aussi le dernier à se dérouler sur la place du palais. En effet, il fut rapporté qu'une odeur toxique mais bizarrement agréable stagna sur la place du palais durant presque toute la journée.

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Le Roi Mongkut (qui régna sous le nom de Rama IV de 1851 à 1868) fut le premier des deux souverains successifs à comprendre et instaurer les relations modernes et amicales avec les puissances occidentales, seules capables de soustraire son pays à la colonisation. Avant de succéder à son frère sur le trône, Mongkut avait passé 27 ans dans un monastère Bouddhiste où il y apprit la langue Anglaise et étudia l'histoire de l'occident et les sciences. Une fois intronisé, Rama IV introduisit une éducation de style Européen, institua la première publication imprimée et engagea des experts étrangers pour moderniser le gouvernement et l'économie du Siam. L'acte le plus controversé de son règne fut la signature, sous la contrainte de la Grande-Bretagne, du ‘Traité de Bowring’. Ce traité octroyait des droits extra-territoriaux (qui ne sont pas soumis aux lois du pays où ils se trouvent) et autres privilèges aux citoyens Britanniques. En conséquence, sous ce traité, les Britanniques étaient libres de faire ce qu'ils voulaient en Thaïlande. Ils pouvaient même importer les produits précédemment interdits tels que l'opium et les lingots d'or. Tous les monopoles royaux furent annulés, les taxes d'importation et d'exportation réduites à 3%, et aucun citoyen Britannique ne pouvait être arrêté ou traduit devant une cour de justice Thaï. De plus, ce traité ne pouvait être abrogé sans la permission de la Grande-Bretagne. Presque toutes les puissances Européennes ainsi que les Américains se ruèrent sur la possibilité de signer un tel accord. Il était en effet plus économique que la colonisation puisqu'il en avait tous les avantages sans toutefois avoir l'obligation de construire routes, écoles, services postaux, chemins de fer, etc. Rama IV servit de modèle pour le livre de Margaret Landon ‘Anna et le Roi de Siam' qui décrivait la vie d'une gouvernante Anglaise à la cour royale Siamoise et qui fut adapté pour une comédie musicale intitulée ‘Le Roi et Moi’.

L'essor de Phuket fut foudroyant. Certains continuèrent à prospérer, mais la plupart de ceux qui travaillaient sous la houlette des Chinois eurent une vie de labeur implacable. L'insatisfaction avec les conditions de travail et la rivalité entre deux sociétés secrètes Chinoises débouchèrent sur une rébellion des mineurs et des batailles rangées avec les policiers. Finalement, l'empereur de Chine envoya des émissaires pour négocier un accord de paix qui remettrait les mineurs au travail. Un mineur travaillait entre 3 et 5 ans pour rembourser la dette contractée pour son transfert depuis le continent Chinois. Ensuite, il pouvait travailler pour lui-même. Il perdait 25% de son minerai après la fonte en taxe royale, 12-15% allaient aux chefs suprêmes Chinois qui contrôlaient la fonte, et il devait verser une taxe supplémentaire s'il tentait d'exporter l'étain. Il lui restait une seule autre option: vendre l'étain à une compagnie Chinoise de négoce ayant acheté des droits à l'exportation auprès de la Cour Royale de Thaïlande. Très peu prospéraient, mais leurs richesses étaient alors inimaginables. Au temple ‘Wat Chalong’ se trouvent des statues commémorant deux moines devenus célèbres lors de cette crise minière pour avoir réduit des fractures dans les deux camps et pour leur dévouement égal pour les deux parties rivales.

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Le Roi Chulalongkorn (Rama V de 1868 à 1910) régna pendant la période où le pays dût subir les assauts les plus forts des nations Européennes pour la colonisation. Rama V est généralement considéré comme le plus grand souverain de Thaïlande. Il était le fils de Rama IV, premier grand monarque moderniste du Siam. En plus de l'abolition de l'esclavage et celle de la coutume de prosternation devant le souverain, Chulalongkorn poursuivit les différentes politiques de son père et approfondit des réformes majeures dans les domaines de l'économie, l'administration, l'éducation, les transports et les communications. Il consolida les efforts de modernisation commencés par son père et réussit à maintenir l'indépendance de la Thaïlande en cédant à contrecœur certains territoires frontaliers. En 1893, la Thaïlande fut entraînée dans un conflit de frontière avec la France qui était à l'époque la puissance dominante en Cochinchine (Vietnam) et au Cambodge. Les Français envoyèrent des vaisseaux de guerre à Bangkok pour obliger les Thaïs à renoncer au Cambodge et à la partie du Laos située sur la rive orientale du Mekong. Le territoire complémentaire Thaï de la rive occidentale du Mekong fut acquis par la France en 1904 et 1907. La Thaïlande céda également le contrôle de quatre états de la Péninsule Malaise à la Grande-Bretagne en 1909.

Phuket connut une forte croissance au début du 20ème siècle. L'exploitation de l'étain était à son apogée, et le bienveillant gouverneur Rasada Korsimbi mis sa compétence à la disposition de l'île pour diversifier son économie et moderniser sa capitale. Phuket-Ville s'agrandit rapidement, ses rues se bordèrent d'élégantes maisons de style Sino-Portugais inspirées de celle de Malacca, et des bateaux du monde entier faisaient escale dans son port très animé. Rama V fut le premier roi Thaï à visiter Phuket et vanta l'importance de l'île auprès du gouvernement central.

En 1903, le missionnaire John Carrington écrivait que Phuket était un endroit où abondaient éléphants sauvages, rhinocéros, tigres, buffles, bétail, singes, oiseaux multicolores et reptiles.

C'était exact, cependant tout change. Deux événements importants furent à la base des changements majeurs de l'économie et de l'environnement de l'île. En 1903, on planta les premiers hévéas, lançant alors la nouvelle industrie du caoutchouc qui transforma l'agriculture de Phuket et participa à sa prospérité. Plus de 40% des forêts tropicales restantes de l'île furent abattues et remplacées par les hévéas. Puis, en 1907, l'introduction de la première drague de minerai par le Capitaine Australien Edward Miles transforma de façon spectaculaire la région côtière.

En 1912, un groupe d'officiers militaires Thaïs tentèrent en vain de renverser la monarchie. Depuis lors, les complots et les coups d'état ont toujours marqué la vie politique Thaï. En 1918, Rama VI envoya un contingent de soldats en France pour montrer son soutien aux Alliés pendant la Première Guerre Mondiale.

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