Histoire de Phuket, Thailande
Préhistoire et temps anciens
Le sud de la Thaïlande a été habité depuis
les premiers jours de l'humanité par des tribus qui s'installèrent
et adaptèrent leurs styles de vie à l'environnement
local. Qui arriva le premier, qui poussa l'autre dehors ou qui assimila
qui, voici des questions qui ont préoccupé les archéologues
pendant longtemps et les occuperont pour un long moment encore.
Des
traces de riz cultivé trouvés à Spirit Cave,
Thaïlande, dateraient d'avant 6800 avant notre ère.
Le développement du bronze (alliage de cuivre et d'étain)
utilisé dans la fabrication des armes et outils marque généralement
la fin de l'Age de Pierre, selon les archéologues. Certaines
découvertes faites en Thaïlande dans les années
1960 ont bouleversé les théories traditionnelles relatives
à l'origine des technologies du cuivre et du bronze. Il semblait
que l'utilisation du bronze trouvait son origine au Moyen-Orient,
mais les vestiges des fouilles effectuées près de
Ban Chiang, Thaïlande, prouveraient que cette technologie était
connue ici dès 4500 av. J.-C., précédant donc
le Moyen-Orient de plusieurs siècles. A titre de comparaison,
la Grèce n'est entrée dans l'Age de Bronze qu'en 3000
av. J.-C. et la Chine vers 1800 av. J.-C. Quelles tribus ou quels
peuples sont à l'origine de cette civilisation avancée
et que sont-ils devenus, voilà matière à débattre.
Le pays ne s'est pas développé uniformément
dans son ensemble, seulement par endroits, certaines terres d'Asie
du sud-est figurant parmi les plus inhospitalières et inaccessibles
du monde. Cette géographie particulière a fait du
pays un magnifique patchwork où se cotoient des sociétés
modernes et sophistiquées et des collectivités primitives
peuplant des lieux restés sauvages, à quelques kilomètres
seulement les uns des autres.
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L'étain,
tout aussi précieux que l'or pour les royaumes d'antan, a
été découvert il y a plusieurs millénaires
dans le district de Kathu, région du centre de l'île
de Phuket. Ce métal, dont la quantité semblait illimitée,
était facilement extrait des veines à fleur de sol.
Il n'existe, bien sûr, aucun rapport sur cette époque,
ni sur la découverte des mines d'étain, ni sur son
exploitation. Par contre, les peintures sur les parois des grottes,
les poteries et ustensiles retrouvés lors des fouilles remontent
bien à l'Age de Pierre. En ces temps reculés, les
hommes ne recherchaient pas l'étain. Ils le trouvaient généralement
après les pluies battantes qui emportaient la terre en surface,
exposant ainsi les couches de gravier contenant l'étain.
Phuket a longtemps figuré sur les cartes maritimes des capitaines
indiens et arabes comme source d'eau potable, bois de chauffage
et bassins de calfatage. Ils jetaient l'ancre dans les havres bien
abrités de Phuket et attendaient les vents de mousson favorables
à la traversée de la mer d'Andaman jusqu'au sous-continent
indien. Il arrivait souvent aux bateaux d'être immobilisés
là pendant des semaines voire des mois, aussi ne serait-ce
pas insensé de penser que ces marins pionniers auraient pu
découvrir le précieux métal.
Parmi les habitants les plus anciens de Phuket se trouvaient des
tribus primitives semblables aux Pygmées Semang (peuple négrito
de la Péninsule Malaise) qui existent encore aujourd'hui
en Malaisie. De petites tribus de ces chasseurs-cueilleurs ont survécu
dans la jungle en chassant, mangeant des fruits abondants et des
racines qu'ils rencontraient sous la luxuriante triple canopée
de la forêt tropicale humide qui recouvrait la totalité
de l'île à cette époque. Il semble que certains
de ces groupes aient continué à vivre dans la jungle
dense du centre de l'île de Phuket jusqu'à l'arrivée
des mineurs d'étain au milieu du 19ème siècle.
Les
régions côtières de Phuket étaient occupées
de marins nomades, les Chao Nam ou gitans de la mer.
Ils passaient leur vie à longer les côtes ou à
aller d'une crique à l'autre, plongeant et pêchant
coquillages et poissons, puis repartaient pour laisser à
la nature le temps de reprendre son cycle écologique normal.
Les Chao Nam s'étaient forgé une mauvaise réputation
de pirates ou Saliteers parmi les capitaines de navires
qui voguaient dans les détroits de Malacca. Ils ont tenu
un rôle important dans les comptes rendus faits par les premiers
visiteurs de cette région. Ils étaient décrits
comme petits mais énergiques, marins experts qui construisaient
leurs bateaux en petites dimensions mais d'une robustesse qui pouvait
affronter les mers les plus démontées. Ils allaient
d'île en île, campant sur chacune sans jamais cultiver
les sols, la piraterie et la pêche d'huîtres perlières
leur assuraient leur principales ressources. Il n'y a pas trace
de langage écrit chez eux, ils pratiquaient une religion
basée sur l'animisme, et leur barbarie était connue
partout. Le Capitaine Hamilton, l'un des premiers marchands européens,
écrivit à leur sujet: "Entre Mergui (archipel
de Birmanie) et Jonkcelaon (Phuket autrefois), il y a plusieurs
bons ports pour les navires, mais la côte est très
peu habitée car un grand nombre de pirates (appelés
Saliteers) y sévissent, enlevant les gens pour pour les vendre
comme esclaves au Royaume d'Atjeh de Sumatra (Indonésie).
L'île de Jonkcelaon (Phuket) leur a payé un lourd tribut."
Un Jésuite de cette époque, missionnaire français,
disait qu'on ne pouvait aller à pieds pendant une demi-lieue
sans se faire délester de ses biens et mettre sa vie en danger.
Cette réputation de férocité qu'avaient les
Saliteers (pirates) serait la cause du retard dans le développement
des relations commerciales et dans l'exploitation des mines d'étain.
Dès le 3ème siècle, des colonies dispersées
de marchands venus du sud de l'Inde étaient installées
le long des côtes occidentales de la Thaïlande. On a
d'ailleurs retrouvé tout près de là, dans la
province de Phang-nga, une statue haute de quatre mètres
du dieu hindou Vishnou. Elle est exposée actuellement
au Musée National de Thalang à Phuket et fait partie
des innombrables objets d'art et sculptures de cette époque
mis au jour pendant les fouilles. Ces pionniers du négoce
semblent avoir tenté d'établir le commerce de la toile
de coton, des épices et de l'étain.
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