Histoire de Phuket, Thailande
Sukhothai
En
1238, le Roi Si Intharathit établit le Royaume de Sukhothai
(l'aube du bonheur) et le déclara totalement
indépendant. Sa domination s'étendit non seulement
sur l'Empire Khmer mais encore sur les lointaines régions
du sud de l'actuelle Thaïlande alors sous l'emprise de Sirivijaya.
Tout au long du règne du Roi Ramkhamhaeng le Grand
(1279-1300), l'armée Thaï continua la conquête
des terres plus au sud jusqu'à l'emplacement de l'actuel
Singapour. L'Empire Sirivijaya, dont la capitale se trouvait sur
l'île Indonésienne de Sumatra, avait contrôlé
la Péninsule Malaise et les principales routes commerciales
entre la Chine et l'Inde bien avant le 8ème siècle.
Pendant au moins 2000 ans, les marchands venus de l'Inde, d'Arabie
et de Chine avaient navigué sur les voies maritimes d'Asie
du Sud-Est. Au 12ème siècle, lorsque les Thaïs
ont fait la conquête de ces terres, l'importance du commerce
et de l'interdépendance entre les royaumes du Sud-Est Asiatique,
l'Inde, la Chine et le Japon étaient considérables.
Leurs échanges étaient basés sur l'importation
de toile de coton d'Inde, d'argent et de cuivre du Japon, de soie,
de porcelaine et de thé de Chine, et de l'exportation à
destination de la Chine de teck, d'étain, de poivre, d'épices,
de bois aromatiques (santal), de résines, de cornes de rhinocéros,
de perles, de nids d'hirondelles, de peaux de daim et de sucre.
Les vaisseaux Chinois ne mettaient pas cap directement sur l'Inde,
de même que les navires Indiens ou Perses ne faisaient pas
route directement sur la Chine. Ils faisaient escale à mi-trajet
dans les villes du sud de la Thaïlande qui leur servaient de
lieu de rencontre. Ainsi, sur la côte orientale, Chaiya (près
de Surat Thani), Nakorn Si Thammarat, Pattani et Songkhla étaient
devenues leurs comptoirs d'échange.
Afin
de préserver ce commerce international lucratif et pour dissuader
les états de Malaisie conquis par les Musulmans de se rebeller,
le Roi Ramkhamhaeng soumis tous les royaumes établis aux
frontières de son territoire au paiement de tributs. Il permit
toutefois aux sultans héréditaires des états
Malais de rester au pouvoir moyennant des tributs annuels substantiels,
mais installa l'armée Thaï à proximité.
La collecte de ces redevances constituait la plus grosse part de
la politique extérieure Thaï et fut maintenue jusque
tard dans le 18ème siècle. Cette manière de
conduire les affaires du royaume a bien évidemment grossi
le trésor de la nation, mais la mauvaise délimitation
des frontières des différentes régions sous
contrôle Thaïlandais engendra de graves divergences avec
l'Angleterre et la France lors de la colonisation du Sud-Est de
l'Asie.
A peu près à cette époque, la Thaïlande
dut à son tour verser un tribut à l'empereur de Chine.
Certains historiens avancent l'hypothèse que c'était
là le prix à payer pour éviter l'invasion par
les hordes Mongoles de Kublai Khan qui avaient déjà
conquis une partie de la Birmanie, du Vietnam et certaines îles
du sud de l'Indonésie. Beaucoup d'autres historiens contestent
cette version et préfèrent penser que les rois de
Thaïlande offraient tout simplement au Souverain Chinois des
cadeaux raffinés pour entretenir leurs relations commerciales.
Toutefois, il n'existe aucune trace écrite de cette allégation
ni de signe de réciprocité et les Thaïlandais
continuèrent à payer ce tribut à la Chine jusqu'à
son abolition sous le règne de Rama IV (1851-68).
haut
de la page
Dans
le sud de la Thaïlande, la majeure partie du commerce international
était régie par les marchands Indiens et Arabes établis
là depuis des siècles. Beaucoup d'entre eux avaient
acquis de grandes richesses et gagné les faveurs des dirigeants
Thaïs. Leurs connaissances et leur expérience de la
navigation et des transactions financières -- nécessaires
pour tout commerce avec les pays lointains -- ont permis à
certains de ces marchands étrangers d'accéder à
des postes importants d'où ils dirigeaient les affaires et
votaient des décrets en qualité de ministres du Roi.
Les Thaïs avaient besoin de ces experts car eux ne s'étaient
jusque-là occupés que de cultiver les rizières
et guerroyer à l'occasion contre les envahisseurs, mais ils
n'avaient ni le savoir-faire ni les technologies nécessaires
pour diriger les flottes de navires marchands vers les lointains
et importants ports d'Asie.
Au début, le pouvoir Thaï s'exerça peu sur la
péninsule sud et l'île de Phuket pourtant très
riches en minerai d'étain. La cause en était l'éloignement
mais surtout la résistance farouche des Chao Nam et des autres
habitants méridionaux. Peu à peu cependant, la cour
royale amena ces contrées sous son influence et s'appropria
par la même occasion les richesses découlant de l'extraction
du précieux métal; elle instaura aussi une taxe sur
toutes les activités commerciales. Vers la fin de la période
Sukothai, les mines d'étain royales sur l'île de Phuket
et aux alentours représentaient la principale source de revenus
du Roi de Siam. Il put ainsi entretenir une armée puissante
et grâce à elle réunir toutes les provinces
en une nation homogène, devenant ainsi la puissance dominante
de cette région pour les quatre siècles à venir.
Le
premier visiteur occidental de la Thaïlande connu est Marco
Polomin en 1288. Il a décrit les merveilles du Royaume Sukhothai
dans son journal Les voyages de Marco Polo, mais il y utilisa
le mot Khmer Siam pour nommer la Thaïlande. Pour le monde entier,
Le Royaume de Siam était le nom officiel de ce
pays jusqu'en 1939 où il fut changé en Thaïlande.
Le mot Thaï signifiant libre, cette nouvelle dénomination
était de circonstance puisque le pays se dota après
quelques années de turbulences politiques d'un gouvernement
nationaliste. Marco Polo fit aussi mention de son second passage
là-bas en 1294 lors de son périple à travers
la Chine, les détroits de Malacca et l'île de Sumatra.
Il ne fit cependant aucune allusion à l'île de Phuket
bien qu'elle fut une escale ordinaire de réapprovisionnement
à cette époque et qu'elle figurait déjà
sur les cartes maritimes, mais comme péninsule et non comme
île. Le journal de Marco Polo dans lequel il vantait l'exotisme
et les richesses de l'Extrême-Orient a été un
puissant vecteur pour la renommée de l'Asie puisque d'innombrables
explorateurs et commerçants occidentaux ont suivi les traces
de l'illustre voyageur vénitien.
Les rois de Sukhothai qui succédèrent à Ramkhamhaeng
le Grand n'étaient pas des guerriers et ne possédaient
ni sa sagesse, ni sa puissance d'anticipation. Pendant qu'ils se
combattaient mutuellement pour la succession au trône, les
événements qui se déroulaient dans d'autres
parties du Royaume les anéantissaient. Finalement, le Royaume
de Sukhothai fut annexé par Ayutthaya en 1376.
Beaucoup de Thaïs considèrent que l'ère pacifique
de Sukothai a marqué la naissance de leur nation et qu'elle
a été l'âge d'or de la langue, la culture, l'art,
la politique et la religion Thaï.
haut
de la page
|