Histoire de l'art en Thailande
Premiers sculpteurs
Les premiers sculpteurs de Thaïlande se trouvèrent
devant une tâche impressionnante. Ils devaient capter les
intangibles et invisibles divinités, exprimer leur puissance,
leur beauté, leur spiritualité à travers des
statues de bronze ou de pierre. Heureusement, ils avaient à
leur disposition un certain nombre de lignes directrices. Comme
la plupart des sculptures de la région étaient des
représentations de divinités Bouddhiques ou Hindoues,
les sculpteurs étaient contraints de suivre certaines règles
édictées en Inde, berceau des deux religions.
Ces
sculpteurs avaient l'avantage de pouvoir copier les œuvres apportées
par les premiers visiteurs en provenance de l'Inde, où le
style artistique atteignait déjà une certaine perfection
dès le 5ème siècle de notre ère. On
ne demandait pas à l'artiste d'innover, seulement de copier
le plus parfaitement possible le superbe modèle. Toutefois,
il était tout à fait naturel que les artistes locaux
aient voulu insufler une nouvelle vie dans les anciennes formes,
aussi au fil du temps leur style propre devint de plus en plus évident.
Bien sûr, après tant de siècles, on peut estimer
que les styles ont changé de façon spectaculaire.
Le plus étonnant est que tant d'artistes aient pu réussir
des œuvres si grandioses qui dégagent si bien la sérénité
et la spiritualité de Bouddha sans pour autant avoir fréquenté
des écoles d'art sophistiquées ou suivi quelque autre
concept théorique. Nous ne connaissons presque rien de ces
artistes eux-mêmes. De temps à autre, une inscription
porte le nom d'un patron ou d'un donateur, mais celui du sculpteur
n'est jamais révélé.
Statue de Bouddha Thaï
Le plus important était qu'aucune représentation
de Bouddha ne puisse être confondue avec une personne ordinaire
ou bien avec une divinité Hindoue. En Inde, les toutes premières
représentations de Bouddha ne furent réalisées
que plusieurs siècles après sa mort. Comme il n'existait
aucun portrait réel de lui, les autorités Bouddhistes
inventèrent 32 motifs spécifiques à inclure
dans toutes les représentations afin qu'il fasse vrai et
soit reconnaissable au premier coup d'œil. Dans la pratique, il
était impossible de faire figurer toutes ces particularités
dans une seule œuvre, mais l'une d'entre elles était obligatoirement
présente. Par exemple, le Bouddha est toujours représenté
avec une coiffure étrange. Cela s'appelle "ushnisa",
symbole de la sagesse et l'un des motifs d'identification. De même,
son corps et le drapé qui l'entoure sont toujours très
stylisés et laissent voir muscles et côtes. Ceci est
le résultat de la combinaison de plusieurs des 32 motifs
imposés dans le but de faire ressortir la supériorité
de Bouddha sur l'homme moyen et la profonde pureté de son
esprit. En thaïlande, on montre son corps asexué, signification
de la discipline de son esprit sur le désir physique. Ses
yeux en forme de boutons de fleurs de lotus sont habituellement
baissés et sa bouche sourit doucement pour mettre en valeur
l'aura de sa paix intérieure.
haut
de la page
Mon Dvaravati
Au
milieu du 6ème siècle de notre ère, la chute
de l'Empire Funan permit l'émergence de plusieurs états
indépendants à travers le Sud-Est de l'Asie. En Thaïlande,
l'un de ces états nommé Dvaravati semble avoir été
situé au Nord du Golfe de Thaïlande, dans la baie de
Bangkok. Ses principales villes étaient Nakhon Pathom, Lopburi
et U Thong. Le mot "Dvaravati" est également utilisé
pour décrire un art florissant du 7ème au 11ème
siècle de notre ère encore présent à
travers la plus grande partie de la Thaïlande actuelle.
On connaît fort peu de choses sur l'organisation politique
de Dvaravati. C'était très probablement un royaume
formé de plusieurs cités vaguement reliées
entre elles par des liens culturels ou familiaux. Tout ce que nous
savons de Dvaravati vient surtout du large éventail de sculptures
qui en restent. La plupart des habitants de Dvaravati étaient
des "Mon" qui parlaient le "Mon", langue voisine
du Khmer, et quelques autres dialectes encore parlés actuellement
un peu partout dans le Sud-Est Asiatique. A en juger par les découvertes
prédominantes, la religion des Mon était le Bouddhisme
Hinayana. Pendant la première partie de l'ère Dvaravati
(8ème et 9ème siècles de notre ère),
on pratiquait également le Bouddhisme Mahayana. La découverte
de sculptures représentant des divinités Hindoues
atteste que l'Hindouisme était suivi aussi.
Style Dvaravati
Les Mon étaient des artistes habiles qui excellaient en
sculptures en bas-reliefs de stuc, en décorations de terre
cuite et à moindre échelle, en ouvrages de bronze.
Leur art s'inspirait particulièrement du Gupta et des styles
post-Gupta qui prospéraient en Inde Centrale et Occidentale
entre le 4ème et le 8ème siècle. Cependant,
les traits du visage du Bouddha Dvaravati présentent des
éléments d'époque prononcés - grand
visage, sourcils incurvés qui se rejoignent sur l'arête
du nez, yeux proéminents aux paupières plus ou moins
baissées, nez large, lèvres épaisses et bien
dessinées. La chevelure forme une grande spirale de boucles
et se termine sur le haut de la tête en coiffure cylindrique
appelée "ushnisha". D'autres représentations
de l'époque Dvaravati montrent une symétrie stricte;
Bouddha debout bien droit, les pieds fermement plantés sur
un piédestal de lotus, les deux mains dans la position "mudra"
ou méditation, une pèlerine bien ajustée couvrant
les épaules donnant une impression de nudité asexuée;
les deux côtés sont parfaitement identiques. Lorsqu'il
est présenté en position assise, ses jambes sont croisées
ou pendantes.
Khmer et Lopburi
Vers le 6ème siècle de notre ère, les Khmers,
dont la langue était voisine du Mon, arrivèrent par
la vallée du Mékong. Certains s'installèrent
au Nord-Est de la Thaïlande, d'autres continuèrent vers
la région connue de nos jours sous le nom de Cambodge. Durant
les siècles suivants, les statues de style Khmer furent sculptées
sur le sol Thaïlandais. Du 7ème siècle jusqu'au
milieu du 13ème, les prouesses militaires des Khmers leur
permirent d'étendre leur contrôle sur une grande partie
de la Thaïlande. Finalement, au cours du 13ème siècle,
les Thaïs furent en mesure de se redresser, de vaincre les
Khmers et de redevenir leur propre maître. L'art des Khmers
en Thaïlande est connu le plus souvent sous le nom d'Art Lopburi,
du nom de la ville du Centre du pays qui a été le
principal siège administratif des Khmers. Cette appellation
rappelle en outre le fait que ces créations ne venaient pas
seulement des Khmers bâtisseurs d'Angkor, mais aussi qu'elles
portent l'empreinte distinctive et l'influence des artistes locaux.
haut
de la page
Lan Na Thai
Une
légende populaire dont la vraisemblance s'est considérablement
renforcée raconte que les premières tribus Thaïs
ont migré dans les vallées du Nord de la Thaïlande
et s'y sont installées dès le 11ème siècle
de notre ère. En 1297, sous la domination de l'énergique
Roi Mengrai, un de ces royaumes connu sous le nom de Lan Na s'étendit
de Chiang Saeng jusqu'aux lointaines villes nordiques en passant
par Chiang Rai, Chang Mai, Lamphun et Lampang. La capitale désignée
fut Chiang Mai et le royaume partageait la croyance Bouddhique et,
dans une certaine mesure, la culture du royaume Mon de Haripunjaya
dans la région de Lamphung.
Style Lan Na
L'art spécifique au royaume de Lan Na Thai du 11ème
au 18ème siècle de notre ère fait encore de
nos jours l'objet de débats érudits car beaucoup d'influences
ont contribué à ses qualités distinctives,
y compris celles de Haripunjaya, Angkor, Sukhothai, du Sri Lanka,
de l'Inde et de la Birmanie. Bien qu'il y ait de nombreuses controverses
à propos de l'origine et de la datation des statues nordiques
de Bouddha, cette région de Lan Na a vraisemblablement produit
deux styles bien distincts. Le premier porte le nom de "Early
Chiang Saen" (premier Chiang Saen) en souvenir de la ville
où tant d'objets furent mis au jour, tandis que le second
est appelé par tradition "Late Chiang Sean" (Chiang
Saen récent) ou Chiang Mai. Dans les représentations
du premier style, le corps de Bouddha est robuste et dégage
une impression de puissance et de virilité, les épaules
sont larges, la poitrine gonflée par une imaginaire inspiration,
et la taille fine. Le cône typique ou ushnisha qui surmonte
le crâne représente probablement un bouton de lotus
ou un gemme, motif d'influence Indienne. Sous le casque de cheveux
bouclés, le visage rond et coloré semble presque sensuel.
Le corps imposant est drapé d'un vêtement court, rabattu
sur l'épaule gauche. La main droite est posée sur
le genou droit dans la position mudra de la Victoire sur Mara. Ajoutant
à cette impression de force maîtrisée, les jambes
sont croisées avec les chevilles bloquées dans la
position du lotus, plantes des pieds tournées vers le haut.
A partir de la deuxième moitié du 15ème siècle,
l'influence Sukhothai sur le second style Lan na, le type "Late
Chiang Saen" ou Chiang Mai, se caractérisa par un corps
plus mince, visage ovale ou allongé, tête surmontée
d'une flamme Sukhothai au lieu du bouton de lotus, drapé
d'un vêtement plus long.
La richesse et la grandeur du premier Royaume Lan Na Thai, florissant
jusqu'à la conquête du Nord par les Birmans en 1556,
se reflètent aussi dans ses élégantes miniatures
dorées. Ces objets d'art exquis furent déterrés
en 1960 dans les ruines des chédis de Hod de la province
de Chiang Mai. Cette magnifique collection comprend aussi bien des
objets votifs Bouddhistes, des spécimens miniatures de l'architecture
religieuse de Lan Na, que des statuettes animales représentant
des éléphants, cervidés, chèvres, grenouilles,
canards et oiseaux à deux têtes.
haut
de la page
Sukhothai
Les
origines des Thaïs sont entourées de mystère.
Bien des érudits débattent encore les convictions
traditionnelles selon lesquelles les Thaïs auraient migré
durant des siècles (antérieurs au 13ème siècle)
depuis le Sud et l'Est de la Chine vers les régions centrales
et nord de la Thaïlande. On dit aussi que l'histoire de la
Thaïlande, ou Siam, a débuté grâce à
ces peuples de la région Sukhothai et leur ascension vers
la splendeur. Jusqu'au milieu du 13ème siècle de notre
ère, les régions situées au Nord-Est et dans
le centre étaient sous domination Khmère jusqu'à
ce que des chefs de clans Thaïs réussissent à
se débarrasser de leur joug et à prendre en mains
le pouvoir. Le royaume Sukhothai (Aube du Bonheur) n'a résisté
que durant une courte période, moins de 200 ans, avant d'être
absorbé en 1438 par la puissante Ayutthaya des plaines centrales
- et malgré cela, son règne est considéré
comme un Age d'Or et le fondement des traditions actuelles. Sukhothai
et ses villes de province attestent que, malgré les croyances
Hindouistes laissées par les Khmers bannis, c'est le Bouddhisme
qui donna son élan à la nouvelle civilisation. Le
troisième Roi de Sukhothai, Ramkhamhaeng, considéré
par les Thaïs comme le père de la Nation et le créateur
de l'alphabet Thaï, mentionna sur sa célèbre
inscription datée de 1292 la prospérité et
la piété religieuse du peuple qui affluait dans les
sanctuaires Bouddhiques, aussi bien à l'intérieur
qu'à l'extérieur des remparts de la cité.
Style Sukhothai
Pour les non-initiés, les statues de Bouddha de la période
Sukhothai peuvent apparaître au premier abord peu élégantes
voire difformes. Cette "difformité" est délibérée,
car les sculpteurs ne basaient pas leurs œuvres sur des modèles
humains mais sur l'interprétation littérale et fidèle
des métaphores tirées des textes religieux et des
canons rédigés en Pali qui indiquaient toutes les
règles distinctives (lakshanas) de Bouddha. En conséquence,
les artistes créaient l'image pour qu'elle reflète
la spiritualité et la compassion exceptionnelles de Bouddha.
Les statues classiques de Sukhothai sont assises sur un socle ordinaire,
la main droite placée sur le genou signifiant "la prise
à témoin de la Terre" ou "Victoire sur Mara",
représentant l'instant de l'Illumination. La flamme Thaï
qui surmonte la protubérence du crâne ou ushnisha est
une innovation Sukhothai qui symbolise le rayonnement de son énergie
spirituelle. La ligne de sa coiffure forme un large V à la
racine des cheveux, soulignée par la courbe élégante
des sourcils qui se rejoignent sur l'arête du nez aquilin
en forme de "bec de perroquet", selon les règles
prescrites. Les trois plis sur le cou et les lobes des oreilles
très allongés, signe de son précédent
statut de Prince, font également partie du code, de même
que ses larges épaules, la poitrine gonflée par une
imaginaire inspiration. Autre innovation Sukhothai particulièrement
évidente sur les statues de Bouddha debout, et comme stipulé
dans les Saintes Ecritures, les bras sont longs et sinueux, "comme
la trompe d'un jeune éléphant".
haut
de la page
U Thong
En 1350, le Roi U Thong établit le royaume d'Ayutthaya qui
allait devenir le plus important et le plus durable des royaumes
sur le continent du Sud-Est Asiatique. Il était situé
dans le bassin de Menan (ou Chao Phraya), occupé auparavant
par le royaume Dvaravati et par les Khmers, et au Sud de son rival
politique Sukhothai. Le nom U Thong fut utilisé pour désigner
l'art qui prospérait dans la plaine Centrale de Thaïlande
entre le 12ème et le 15ème siècle.
Style U Thong
Beaucoup des œuvres d'art de style U Thong datent d'avant la fondation
du royaume d'Ayutthaya. Les plus anciennes remontent au 12ème
siècle mais sont généralement incluses par
les érudits dans la période primaire Ayutthaya. Les
statues de Bouddha de style U Thong ont été réparties
en trois types par les historiens. Le type A couvrant les 12ème
et 13ème siècles, B et C se chevauchant avec B pour
les 13ème et 14ème siècles et C s'étalant
du 13ème au 15ème siècle.
Les œuvres communes aux trois époques présentent
des traits distinctifs tels qu'une étroite séparation
entre le front et les cheveux, le vêtement ouvert avec un
pan drapé sur l'épaule gauche jusqu'au nombril, les
doigts de longueur inégale, les cheveux bouclés. Lorsque
Bouddha est assis, le socle est simple et concave, les jambres repliées
dans la position du lotus, la main exprimant "l'appel de la
Terre à témoin" ou encore "la Victoire sur
les Passions". Le bronze était le matériau le
plus utilisé, ainsi que le stuc et le grès. Le visage
des premières représentations U Thong est carré
et l'ensemble exprime un mélange des influences Mon et Khmer.
Les suivantes sont marquées par l'influence Sukhothai caractérisées
par un visage ovale entre autres. Pendant la période A, le
ushnisha sur la tête est souvent surmonté d'un bouton
de lotus. Dans les styles B et C, celui-ci est remplacé par
une flamme allongée. Simultanément, la silhouette
devient plus longiligne sous l'influence Sukhothai. Plus gracieuses
et plus élancées, les statues de style artistique
U Thong C furent produites en grand nombre et représentèrent
l'origine de la période Ayutthaya.
haut
de la page
Ayutthaya
Les
représentations de Bouddha de style Ayutthaya apparurent
au 15ème siècle et s'inspiraient aussi bien de l'art
Sukhothai que des caractéristiques U Thong. Le bronze resta
le matériau favori des sculptures Ayutthaya. Cependant, les
statues de pierre ont occupé une place importante durant
cette période et celles en stuc semblent avoir été
également populaires. Les sculptures sur bois étaient
de véritables chef-d'œuvre. Certaines sont encore visibles
de nos jours sur les portes et les frontons de certains temples.
Mais la plupart d'entre elles ont été détruites
lorsque les Birmans brûlèrent Ayutthaya en 1767.
Style Ayutthaya
Pendant la période Ayutthaya, les statues ont été
exécutées dans des attitudes bien plus variées
et une gestuelle beaucoup plus riche que durant toutes les autres
périodes de l'art Thaï. Un grand nombre de ces représentations
montrent Bouddha assis dans la position de la Victoire sur Mara,
ou debout exprimant une multitude d'attitudes différentes:
les mains jointes à hauteur de la poitrine, tenant le bol
à aumônes, la main droite levée avec le pouce
et l'index en forme de cercle signifiant l'enseignement ou la prédication,
et le plus souvent la main levée en signe d'apaisement. Bouddha
a souvent été sculpté en position allongée
et certaines de ces sculptures sont de dimensions monumentales.
La période artistique Ayutthaya s'étendait de 1350
à 1767 et fut divisée en quatre phases durant lesquelles
les œuvres reflétèrent l'influence des époques
antérieures mais aussi l'innovation du moment.
A partir de 1350 et jusqu'au 15ème siècle, les statues
de Bouddha de style U Thong B et C furent très populaires
et constituèrent la transition entre la période U
Thong et celle d'Ayutthaya. Le corps est bien souvent plus élancé,
le visage d'abord plus carré devint plutôt oval, avec
la présence de la flamme Sukhothai sur le dessus du ushnisha.
Du milieu du 15ème siècle jusqu'au 17ème,
l'influence Sukhothai prédominait, mais les détails
U Thong de type C restaient évident. L'expression du visage
changea et devint plus sévère, le sourire se fit plus
vague voire inexistant, la base fut plus décorée ou
illustrait à l'occasion certains épisodes de la vie
de Bouddha.
haut
de la page
Ratanakosin
Après que les Birmans eurent détruit Ayutthaya en
1767, un nouveau royaume vit le jour à Thonburi sous le Roi
Taksin. Par la suite, en 1782, la capitale fut déplacée
à Bangkok, avec la fondation de la dynastie Chakri dont les
rois furent connus rétrospectivement sous le titre de "Rama".
La période artistique de Bangkok peut être divisée
en deux époques distinctes. La première du règne
de Rama I à celui de Rama III (1782-1851) comprend les traditions
classiques Siamoises. La seconde date du règne de Rama IV
jusqu'à nos jours et inclut aussi bien le style classique
que l'influence moderne occidentale.
Style Ratanakosin
Pendant la première époque artistique de Bangkok,
les quelque 1.200 représentations existant encore furent
rapportées à Bangkok depuis les régions centrales
et nordiques dévastées par les guerres et furent installées
dans les nouveaux monastères des villes. Les artistes rivalisèrent
d'imagination pour leur élever des trônes décorés
dignes d'elles, de sorte que peu de statues furent exécutées
durant cette période. Celles qui furent reproduites étaient
sculptées dans le bronze ou le bois suivant la tradition
Ayutthaya, de sorte qu'on les distingue à peine de leurs
modèles antérieurs. Bien que certaines étaient
simples, beaucoup d'autres de cette époque Bangkok portaient
des décorations raffinées et compliquées, les
artistes s'évertuant à surpasser leurs prédécesseurs
par l'abondance des décors. Aussi, la simple robe de moine
originale fut entièrement ornée de dessins copiant
les broderies et de lourds rubans richement agrémentés
pour réhausser les bords des vêtements. La simplicité
et le raffinement des précédentes statues de Bouddha
furent abandonnés au profit de décorations majestueuses
et, diraient certains, au détriment de sa spiritualité.
Sous le règne du Roi Rama III , les représentations
de Bouddha qui furent commandées devaient exprimer trente-quatre
nouvelles attitudes tirées des événements les
plus importants de la vie de Bouddha. Malheureusement, elles se
révélèrent impopulaires et seules restent les
six attitudes traditionnelles.
haut
de la page
Laos
L'art du Laos est une version locale de l'art du Siam. Le royaume
Thaï du Laos, le premier de ceux qui y furent établis
à partir de 1360, furent tous petits, désordonnés
et peu prospères dans cette région inhospitalière
en bordure de rivière et cernée de montagnes recouvertes
par la jungle. Les tribus primitives Mon elles-mêmes n'avaient
guère prospéré avant leur soumission aux Thaïs.
Seuls les Mon migrés au Cambodge, au Siam et en Birmanie
avaient nettement avancé en art et en culture. Le Bouddhisme
Hinayana entra au Laos par le biais du Siam mais il était
dépourvu de toute richesse tirée des traditions anciennes.
Le Laos ne possède aucun bâtiment en pierres, et les
quelques structures en briques ou en stuc visibles sont des versions
locales de l'art Ayutthaya. Le plus bel exemplaire et le plus intéressant
est le That Luang à Vientiane. C'est un stuppa en forme de
dôme de faible hauteur de section carrée, couronné
d'une grande flèche saisissante de forme sinueuse telle qu'on
en trouve partout dans l'architecture moderne Birmane et Siamoise
(par exemple le palais d'or de Mandalay). Les édifices Bouddhistes
caractéristiques du Laos sont tous en bois, sur des piliers
de bois, avec de longs toits en pente raide. Les statues de Bouddha
contenues dans ces édifices sont toutes des versions rudimentaires
du style Ayutthaya. Quelques bronzes semblent être assez anciens,
mais beaucoup des représentations en bois sont dorées,
gravées et incrustées dans le style de Bangkok. Quelques-unes
d'entre elles ont donné une vigueur à leurs modèles
de Bangkok qui ne la possédait pas dans leur sculpture primitive
qui affirmait clairement concevoir des formes plastiques.
Plus d'informations disponibles en Anglais sur les
antiquités Thaïs et leur histoire sur
The
Loft Antiques Website
Et en Français, pour trouver, connaitre, voire acheter les
plus belles œuvres des artistes et revendeurs installés sur l'île,
visitez
Art-Phuket.com

Les artistes et vendeurs d'art de Phuket interessés pour présenter
leurs créations ou produits sont les bienvenus.
haut
de la page
|